VAILLAND Roger

[1907-1965]

« Qu’est-ce que vous faites, les philosophes, les professeurs, les écrivains, moi-même, les intellectuels, comme on dit ? Les praticiens ne manquent pas, ce monde en est plein. Mais les penseurs politiques ? En attendant que revienne le temps de l’action, des actions politiques, une bonne, belle, grande utopie (comme quand nous pensions en 1945 que “l’homme nouveau” serait créé dans les dix années qui allaient suivre) ce ne serait peut-être déjà pas si mal… Je ne veux pas croire qu’il ne se passera plus jamais rien. Que les citoyens n’exerceront plus leur pouvoir qu’en mettant un bulletin dans l’urne pour désigner comme souverain (à leur place) un monsieur qui a une bonne tête à la télévision. Que le seul problème sur lequel le citoyen aura à se prononcer (par référendum) sera l’itinéraire de l’autoroute ou la puissance d’une centrale thermique… Comme citoyen, je veux qu’on me parle politique. »

[In : « Éloge de la politique » publié dans le Nouvel Observateur du 26 novembre 1964, quelques mois avant sa mort]

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