TOURNIER MIchel

« Autrui, pièce maîtresse de mon univers… […] A Sperenza, il n’y a qu’un point de vue, le mien, dépouillé de toute virtualité. Et ce dépouillement ne s’est pas fait en un jour. Au début, par un automatisme inconscient, je projetais des observateurs possibles au sommet des collines, derrière tel rocher ou dans les branches de tel arbre. […] Je sais maintenant que la terre sur laquelle mes deux pieds appuient aurait besoin pour ne pas vaciller que d’autres que moi la foulent. Contre l’illusion d’optique, le mirage, l’hallucination, le rêve éveillé, le fantasme, le délire, le trouble de l’audition… le rempart le plus sûr, c’est notre frère, notre voisin, notre ami, notre ennemi, mais quelqu’un, grands dieux, quelqu’un ! »
Vendredi ou les limbes du Pacifique, Folio Gallimard, 1972, pp. 53-55

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