PREVERT Jacques

poète et scénariste français, né le 4 février 1900 à Neuilly-sur-Seine, et mort le 11 avril 1977 à Omonville-la-Petite (Manche).

« La poésie, c’est ce qu’on rêve, ce qu’on imagine, ce qu’on désire, et ce qui arrive, souvent. La poésie est partout comme Dieu n’est nulle part. La poésie, c’est un des plus vrais, un des plus utiles surnoms de la vie.»
— Extrait de Hebdromadaires de Jacques Prévert et André Pozner (NRF)

Jacques Prévert

Fete_Jacques Prevert

• Fatras, extraits

« Bien sûr, des fois, j’ai pensé mettre fin à mes jours, mais je ne savais jamais par lequel commencer. »
—  Fatras (Livre de Poche n° 3253, p.34)

Je suis heureuse
Il m’a dit hier
qu’il m’aimait
Je suis heureuse et fière
et libre comme le jour
Il n’a pas ajouté
que c’était pour toujours.
— Fatras

• Paroles, extraits

Rue de Seine

Rue de Seine dix heures et demie
le soir
au coin d’une autre rue
un homme titube… un homme jeune
avec un chapeau
un imperméable
une femme le secoue…
elle le secoue
et elle lui parle
et il secoue la tête
son chapeau est tout de travers
et le chapeau de la femme s’apprête à tomber en arrière
ils sont très pâles tous les deux
l’homme certainement a envie de partir…
de disparaître… de mourir…
mais la femme a une furieuse envie de vivre
et sa voix
sa voix qui chuchote
on ne peut pas ne pas l’entendre
c’est une plainte…
un ordre…
un cri…
tellement avide cette voix…
et triste
et vivante…
un nouveau-né malade qui grelotte sur une tombe
dans un cimetière l’hiver…
le cri d’un être les doigts pris dans la portière…
une chanson
une phrase
toujours la même
une phrase répétée…
sans arrêt
sans réponse…
l’homme la regarde ses yeux tournent
il fait des gestes avec les bras
comme un noyé
et la phrase revient
rue de Seine au coin d’une autre rue
la femme continue
sans se lasser…
continue sa question inquiète
plaie impossible à panser
Pierre dis-moi la vérité
Pierre dis-moi la vérité
je veux tout savoir
dis-moi la vérité…
le chapeau de la femme tombe
Pierre je veux tout savoir
dis-moi la vérité…
question stupide et grandiose
Pierre ne sait que répondre
il est perdu
celui qui s’appelle Pierre…
Il a un sourire que peut-être il voudrait tendre
et répète
voyons calme-toi tu es folle
mais il ne croit pas si bien dire
mais il ne voit pas
il ne peut pas voir comment
sa bouche d’homme est tordue par son sourire…
il étouffe
le monde se couche sur lui
et l’étouffe
il est prisonnier
coincé par ses promesses…
on lui demande des comptes…
en face de lui…
une machine à compter
une machine à écrire des lettres d’amour
une machine à souffrir
le saisit…
s’accroche à lui…
Pierre dis-moi la vérité.
Paroles, Pléiade Gallimard, œuvres complètes.I, 1992, p. 41

« J’ai reconnu mon bonheur au bruit qu’il a fait en partant ».
—Ibid.

Télécharger ici ☛ les poèmes du spectacle Trintignant-Mille-Piazzolla
Textes de Jacques Prévert, Robert Desnos, Jules Laforgue, Allain Leprest, Léopold Sedar Senghor, Raymond Carver
, Guillaume Apollinaire, Pierre de Ronsard, Gaston Mirande.

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