PERRET Pierre

Blanche

Voici exactement voici messieurs mesdames
Comment l’amour creva mon horizon sans joie
Elle s´appelait Blanche et c´était une flamme
Mais oserai-je un jour chanter ce refrain-là
En entrant dans le lit je l’ai sentie nerveuse
Sur le drap de couleur sa chair devint rosée
Sa peau me criait vient et sa bouche fiévreuse
Murmurait pas encore refusant mes baisers

Blanche oh ma Blanche
Sauvage au rouge cœur
La courbe de tes hanches
Je m´en souviens par cœur

Blanche était un volcan c’était plus qu´une flamme
Un brasier que nul homme n´avait pu allumer
Moi j’ignorais ses dons je ne sais rien des femmes
Et je n’ai su qu’après que j’étais le premier
Que ma plume aille droit s’il faut que je l´écrive
Tandis que ses seins ronds échappaient à mes mains
Que ses cuisses fuyaient comme deux truites vives
Moi fou déconcerté je n’y comprenais rien

Blanche oh ma Blanche
Ton regard suppliant
D´animal pris au piège
Je le revois souvent

Je me suis fait pêcheur pour attraper ces truites
Je me suis fait sculpteur pour mouler ses seins blancs
J’ai dû lutter des heures avec cette petite
Furie qui aiguisait sur moi ses jeunes dents
J’ai chevauché ainsi ma plus belle pouliche
Alors que je traînais mon ennui dans Paris
Je cherche en vain depuis cette orchidée de riche
Qui dans ma pauvre chambre un beau soir a fleuri

Blanche oh ma Blanche
Sauvage au rouge cœur
Le piment de tes lèvres
Est resté en mon cœur.

•••

Ma nouvelle adresse

Ce hall de gare pavoisé de rouges à lèvres et de hasards
Où bat le cœur des banlieusards plein de sanglots et de baisers
N´aura jamais su me griser
Ce hall de gare pavoisé de solitudes plein tarif
Et de marques d´apéritifs et de bonheurs synthétisés
Je m´en suis désapprivoisé

Prenez ma nouvelle adresse
Je vis dans le vent sucré des îles nacrées
Et à ma nouvelle adresse
Une fille s’amuse à rire de mes souvenirs

Et ce boulot qui m´usait tant, qui me laissait tant épuisé
Devant ma machine à fraiser que j´en suait l’eau et le sang
N’aura jamais su me griser
Et de ce patron si charmant et du banquet de fin d’année
Et de médailles arrosées, et de mes copains militants
Je m’en suis désapprivoisé

{Refrain}

Les fins de mois les repas bâclés devant le match à la télé
Les infos chloroformisées et les pubs de mousse à raser
N´auront jamais su me griser
De cet air de robot content, de cette course avec le temps
De ces amours en pointillés qui mourraient avant d´être nées
Je m´en suis désapprivoisé

{Refrain}

Oui mes amis j’ai largué tout pour l´archipel des Tuamotu
Où quel que soit le cours du franc on offre son poisson vivant
Pour une poignée de riz blanc
Mon copain Jacques a mis les bouts toutes voiles dehors et vent debout
Il chante dans les Alizés quelques chansons dont le succès
N´aura jamais su le griser

Prenez sa nouvelle adresse
Il vit dans le vent sucré des îles nacrées
Et à sa nouvelle adresse
Une fille s’amuse à rire de ses souvenirs.

•••

Au café du canal

Chez la jolie Rosette au café du canal
Sur le tronc du tilleul qui ombrageait le bal
On pouvait lire sous deux cœœurs entrelacés
« Ici on peut apporter ses baisers ».

Moi, mes baisers je les avais perdus
Et je croyais déjà avoir tout embrassé
Mais je ne savais pas que tu étais venue
Et que ta bouche neuve en était tapissée.

La chance jusqu’ici ne m’avait pas souri
Sur mon berceau les fées se penchaient pas beaucoup
Et chaque fois que je tombais dans un carré d’orties
Y’avait une guêpe qui me piquait dans le cou.

Pourtant ma chance aujourd’hui elle est là
Sous la tonnelle verte de tes cils courbés
Quand tu m’as regardé pour la première fois
Ma vieille liberté s’est mise à tituber.

On était seuls au monde dans ce bal populeux
Et dans une seule main j’emprisonnais ta taille
Tes seins poussaient les plis de ton corsage bleu
Ils ont bien failli gagner le bataille.

J’aime le ciel parce qu’il est dans tes yeux
J’aime l’oiseau parce qu’il sait ton nom
J’aime ton rire et tous ces mots curieux
Que tu viens murmurer au col de mon veston.

Et je revois tes mains croisées sur ta poitrine
Tes habits jetés sur une chaise au pied du lit
Ton petit cœœur faisait des petits bonds de sardine
Quand j’ai posé ma tête contre lui.

Dieu, tu remercies Dieu ça c’est bien de toi
Mais mon amour pour toi est autrement plus fort
Est-ce que Dieu aurait pu dormir auprès de toi
Pendant toute une nuit sans toucher à ton corps ?

Chez la jolie Rosette au café du canal
Sur le tronc du tilleul qui ombrageait le bal
On pouvait lire sous deux cœœurs entrelacés
« Ici on peut apporter ses baisers ».

•••

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