MANDELA Nelson

[né le 18 juillet 1918 sous le nom de Madiba, décédé le 5 décembre 2013]

Nelson_Mandela_Impossible_Done

L’oppresseur doit être libéré tout comme l’oppressé. L’opprimé et l’oppresseur sont tout deux dépossédés de leur humanité.

Plantu-Mandela-noir-et-blanc

Dessin de Plantu, parue dans Le Monde le lendemain de la mort de Mandela

«J’étais en colère contre les blancs, pas contre le racisme».

• Article de Marie-France CROS (La libre Belgique) – 12.10.2010
Né fils de conseiller royal, Mandela a connu une vie tumultueuse.
« Outre la vie, une forte constitution et un lien immuable avec la famille royale des Thembus, la seule chose que m’a donnée mon père à la naissance fut un nom, Rolihlahla (…): celui qui crée des problèmes », écrivait Nelson Mandela dans son autobiographie.

Rolihlahla est né le 19 juillet 1918 dans un petit village du Transkei (900 km au sud de Johannesburg), en pays xhosa. Son père était conseiller héréditaire du roi des Thembus. Rolihlahla sera donc préparé, comme ses pères, à conseiller les dirigeants de la tribu.

C’est à son arrivée à l’école que l’institutrice lui attribuera, d’autorité – l’enseignement n’acceptait pas, à l’époque, les noms africains – le prénom de Nelson. Ce dernier grandira avec les enfants royaux lorsqu’à l’âge de 9 ans, il perd son père et est recueilli par le Roi. A 16 ans, il est envoyé au collège puis fréquentera l’université de Fort Hare, longtemps le seul établissement supérieur pour Noirs. Bientôt il travaille comme coursier dans un cabinet d’avocats de Johannesburg; il y rencontre d’autres jeunes Noirs qui l’amènent à l’African National Congress, créé en 1912 et qui tient alors plus de l’assemblée de notables que du parti revendicatif. Il poursuit des études d’avocat à la prestigieuse université de Witwatersand où il est le seul étudiant noir. Il s’y fera des camarades blancs, généralement du Parti communiste, le seul à être multiracial.

En 1944, il participe à la création de la Ligue de la Jeunesse de l’ANC, qui veut renverser la suprématie blanche. Aussi la victoire des nationalistes afrikaners aux élections (réservées aux Blancs) de 1948 est-elle un choc. Le parti national appliquera son programme d’apartheid, qui accentue la ségrégation contre les non-Blancs.

« A l’époque, se souvient Mandela, j’étais en colère contre les Blancs, pas contre le racisme ». Il refuse toute unité d’action avec les Métis et les Indiens, eux aussi discriminés. Mais à force de réunions, discussions, observations, Rolihlahla se souvient qu’il a été formé pour unir et non pour diviser.

En 1956, il est poursuivi en justice pour communisme et trahison, pour avoir été l’un des promoteurs du changement de ligne de l’ANC, qui prône désormais une redistribution des terres confisquées par les Blancs.

Rolihlahla se radicalise. Il entre dans la clandestinité, suit un entraînement armé en Ethiopie – et est poursuivi par la justice sud-africaine. C’est lui qui plaide pour sa défense et celle de ses co-accusés, avec une éloquence remarquée, annonçant qu’il est « prêt à mourir » pour son idéal. Il sera condamné, à 46 ans, d’abord à 5 ans de prison, puis à perpétuité lorsque seront découverts des documents indiquant qu’il a créé et dirige une branche armée de l’ANC Umkhonto we Sizwe (la Lance de la Nation), pour répondre au massacre de Sharpeville (1960), quand la police avait tiré (69 morts) sur des manifestants pacifiques réclamant l’abolition du « pass » (document justifiant les déplacements des noirs) et protestant contre l’interdiction de l’ANC. C’est durant ce procès qu’il rencontre et épouse sa seconde femme, Winnie.

Il sera incarcéré 18 ans au bagne de Robben Island et 9 ans à la prison de Polsmoor. Vingt-sept ans à résister, vingt-sept ans à réfléchir. « En prison, ma colère contre les Blancs a diminué en même temps que grandissait ma haine envers le système d’apartheid ». En 1985, il refuse une libération conditionnelle.

Cinq ans plus tard, c’est la vraie libération, sans condition. En 1993 il est prix Nobel de la Paix, avec le Premier ministre Frederik de Klerk, pour avoir évité la guerre civile au pays. En 1994, il est élu à la Présidence et l’ANC remporte 62% des voix. Il refuse de se présenter à un second mandat: privé de vie privée pendant 27 ans, il veut se rattraper et épouse, en troisièmes noces, Graça Machel, la veuve du président mozambicain. Ses apparitions militantes se limitent désormais à la lutte contre le sida.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s