KIERKEGAARD Søren

[1813-1855]

Un texte, publié en 1848, qui évoque l’enfance, la foi, la croyance, le doute, et qui passe en revue la carrière d’écrivain :

« J’allais dans la vie, favorisé de toutes manières sous le rapport de l’esprit et de la vie matérielle. Tout était donné et tout fut fait pour développer mon esprit et l’enrichir le plus possible, bien qu’avec une sympathie et une prédilection marquées pour la souffrance, ce qui d’une manière ou d’une autre gémit et pâtit. Je peux dire qu’en un sens j’affrontais hardiment la vie, dressé dans une fierté presque téméraire. A aucun moment de ma vie je n’ai perdu cette foi ; ce que l’on veut, on le peut. Sauf une chose, mais tout le reste absolument, sauf une chose : la suppression de la mélancolie au pouvoir de laquelle je me trouvais. J’avais une écharde dans la chair. Les talents de l’esprit surtout, l’imagination et la dialectique, une éducation chrétienne vraiment rare, et une attitude particulièrement dialectique à l’égard du christianisme. J’avais appris dès l’enfance à obéir, d’une obéissance absolue. J’étais muni d’une foi presque téméraire en ma capacité de pouvoir toute chose sauf une : devenir un oiseau libre ne fût-ce qu’un seul jour entier, ou rompre les chaines de la mélancolie où une autre puissance me retenait. Enfin, j’étais pour moi-même un pénitent. Il me semble aujourd’hui qu’une autre puissance a pris soin, dès le moment, de ce sursis, semblable au pêcheur disant au poisson : « Laissons-le, il est encore trop tôt de le pêcher », et, fait curieux qui remonte aussi très loin dans mon souvenir, sans que je pusse aucunement en indiquer la date, ni dire comment l’idée m’en et venue, constamment — c’est-à-dire chaque jour — j’ai demandé à Dieu de me donner le zèle et la patience nécessaires pour accomplir la tâche qu’il m’assignerait lui-même.»

— Point de vue explicatif de mon œuvre d’écrivain, O.C.XVI, p.57-58, éditions de l’Orante, trad. P.-H.Tisseau et E.-M.Jacquet.

La femme est substance, l’homme est réflexion.
— Le Journal du séducteur

« Oser, c’est perdre pied momentanément.
Ne pas oser, c’est se perdre soi-même.»
— Réf ?

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s