DOISNEAU Robert

Quelques images et textes glanés à l’exposition DOISNEAU présentée à la Cité de la Musique. (Avril-mai 2019)

 « Paris est un théâtre où l’on paie sa place avec du temps perdu.»

« Je n’emmène personne. La déambulation est un vice solitaire. J’aurais bien trop honte d’exhiber mes hésitations, mes retours en arrière et, surtout, mes attentes déraisonnables. […] Pour éviter de revenir paresseusement aux endroits où, un jour, la chance a bien voulu me sourire, je varie mes itinéraires, volontairement, j’évite le pittoresque éprouvé. »
— Robert DOISNEAU

Prévert devant le magasin Merode

⬆︎ Jacques Prévert photographié devant le magasin Mérode.

L’accordéoniste de la rue Mouffetard, 1951
«  Je refuse de montrer le côté noir de la vie, je n’aime pas la laideur, cela me fait physiquement mal. Quand on dit heureux et gai, cela évoque un petit peu la grosse rigolade de fin de banquet et j’ai horreur de cela aussi. Mais la petite mélancolie, l’attendrissement, ce sont peut-être des valeurs mineures, mais ce sont celles qui m’émeuvent le plus.
— Robert DOISNEAU

accordéoniste mouffetard

DOISNEAU_Rue_Marcelin_Berthelin_Berthelot__Choisy_le_Roi_mai_1946_

Les photos qui m’intéressent, que je trouve réussies, sont celles qui ne concluent pas, qui ne racontent pas une histoire jusqu’au bout mais restent ouvertes, pour permettre aux gens de faire, eux aussi, avec l’image, un bout de chemin, de la continuer comme il leur plaira; un marchepied du rêve, en quelque sorte.
— Robert DOISNEAU, Le Père Noël et le violoniste, 1952

Doisneau et Prévert

« Le rêve, le merveilleux, c’est à Prévert que je le dois. »
— Robert DOISNEAU

« Le manteau de fou rire sur vos robes imprimées et vos robes imprimées sur le velours potelé de vos corps amoureux. Équipé avec ces quelques mots dans la tête, je pars le matin, bien décidé à être émerveillé par tout ce qui va se présenter devant moi. »
— Jacques PRÉVERT

Prévert-chien par Doisneau-1

« Le Rolleiflex ou la boîte de Pandore, ça sort de la même usine que personne n’a jamais trouvée. Cela, Robert Doisneau le sait, et lorsqu’il travaille à la sauvette, c’est avec un humour fraternel et sans aucun complexe de supériorité qu’il dispose son miroir à alouettes, sa piègerie de braconnier et c’est toujours à l’imparfait de l’objectif qu’il conjugue le verbe photographier. »
— Jacques PRÉVERT

robert-doisneau-voisin à la trompette

« Il est des jours où l’on ressent le simple fait de voir comme un véritable bonheur; on est léger, léger; les flics arrêtent les voitures pour vous laisser passer. On se sent si riche qu’il vous vient l’envie de partager avec les autres une trop grande jubilation.
C’est dimanche comme le chantait ce plombier zingueur de Prévert.
Le souvenir de ces moments est ce que je possède de plus précieux.
— Robert DOISNEAU

Renaud

« Chante, Rouge-gorge,
Le Temps des Cerises
Savigny-sur-Orge
Paraîtra moins grise
Chante aussi Paname
Que les assassins
Ont livré aux flammes
Sans brûler leurs mains
Chante la mémoire
Que Doisneau préserve
De Paris, le soir
D’avant qu’elle crève
Chante la bâtarde
Paris-la-soumise
Que Doisneau regarde
Et qui agonise…
Qui agonise…
— RENAUD, 1988