CENDRARS Blaise

« Rien n’est admissible; sauf la vie, à condition de la réinventer chaque jour.»

« Et alors, j’ai pris feu dans ma solitude car écrire c’est se consumer…
L’écriture est un incendie qui embrase un grand remue-ménage d’!dées et qui fait flamboyer des associations d’images avant de les réduire en braises crépitantes et en cendres retombantes. Mais si la flamme déclenche l’alerte, la spontanéité du feu reste mystérieuse. Car écrire c’est brûler vif, mais c’est aussi renaître de ses cendres.»
— Lettre à Edouard Peisson, Aix-en-Provence, 21 août 1943

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« C’est dans ce que les hommes ont de plus commun qu’ils se différencient le plus.  »
— Aujourd’hui

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On ne pourra donc jamais me fiche la paix et me laisser vivre à ma guise, comme je l’entends ! Si ma liberté gêne quelqu’un ou le monde, moi, je m’en fous, vous savez, on peut me fusiller, je préfère ça. D’ailleurs, ça ou autre chose, ou rien, ça m’est égal. Etre ici, ou ailleurs, en liberté ou en prison, l’important c’est de se sentir heureux ; d’extérieure, la vie devient intérieure, son intensité reste la même et, vous savez, c’est bizarre où le bonheur de vivre va parfois se nicher.

— Moravagine

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Vous me faites rire avec votre angoisse métaphysique, c’est la frousse qui vous étreint, la peur de la vie, la peur des hommes d’action, de l’action, du désordre. Désordre que les végétaux, les minéraux et les bêtes ; désordre que la multitude des races humaines ; désordre que la vie des hommes, la pensée, l’histoire, les batailles, les inventions, le commerce, les arts ; désordre que les théories, les passions, les systèmes. Ç’a toujours été comme ça. Pourquoi voulez-vous y mettre de l’ordre ? Quel ordre? Que cherchez-vous ? Il n’y a pas de vérité. Il n’ y a que l’action, l’action qui obéit à un million de mobiles différents, l’action éphémère, l’action qui subit toutes les contingences possibles et inimaginables, l’action antagoniste. La vie. La vie c’est le crime, le vol, la jalousie, la faim, le mensonge, le foutre, la bêtise, les maladies, les éruptions volcaniques, les tremblements de terre, des monceaux de cadavres.
Tu n’y peux rien, mon pauvre vieux, tu ne vas pas te mettre à pondre des livres, hein?
— Ibid.

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Iles

Iles
lles où l’on ne prendra jamais terre
Iles où l’on ne descendra jamais
Iles couvertes de végétations
Iles tapies comme des jaguars
Iles muettes
Iles immobiles
Iles inoubliables et sans nom
Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais bien aller jusqu’à vous.

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