BACHELARD Gaston

[1884-1962]

Pour bien faire valoir le prix d’une idée objective, il faut la replacer dans le halo des illusions immédiates. Il faut errer pour aboutir.
Ainsi toute objectivation procède d’une élimination des erreurs subjectives et, psychologiquement, elle vaut comme une conscience de cette élimination. Ce n’est pas tant une question de fait qu’une question de droit. Une vérité n’a son plein sens qu’au terme d’une polémique. Il ne saurait y avoir de vérité première. Il n’y a que des erreurs premières. On ne doit donc pas hésiter à inscrire à l’actif du sujet son expérience essentiellement malheureuse. La première et la plus essentielle fonction de l’activité du sujet est de se tromper. Plus complexe sera son erreur, plus riche sera son expérience. L’expérience est très précisément le souvenir des erreurs rectifiées. L’être pur est l’être détrompé.

[In : Études, p.79, Vrin, 2002]

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